Un aperçu historique sur les etablissements billard, à Tours

Un aperçu historique sur les etablissements billard, à Tours

par Jean METZ

La note suivante de M. METZ permet de situer ce qu'étaient les ETABILISSEMENTS BILLARD

La naissance de l'atelier Billard

C'est en janvier 1920 que Monsieur Billard a fondé l'atelier de mécanique qui portait son nom. Le développement considérable du moteur à explosion, au cours de la guerre 1914-1918, lui avait fait penser qu'il était possible d'en prévoir l'application dans le domaine ferroviaire.

Les premières réalisations Billard

La Maison Billard commença donc, vu la faible puissance des moteurs de l'époque, par construire des tracteurs à moteur pour tirer les chariots à bagages des gares. Ces tracteurs, à trois ou quatre roues, produits à un grand nombre d'exemplaires, étaient généralement équipés de moteurs Ballot ou de moteurs Rubis, à essence.

En même temps, le service de la voie ayant besoin d'engins pour le transport des équipes et l'inspection, la firme Billard créa un modèle de draisines munies des mêmes moteurs à essence.Ces premières applications prirent rapidement de l'importance, au point que l'atelier primitif établi 21, rue du Rempart, fut doublé par un deuxième sis rue Robespierre, atelier où seront regroupées toutes les fabrications en 1934. Il s'agissait des anciens ateliers du réseau de l'Etat (réseau primitif de la Vendée). Actuellement l'emplacement est occupé par le restaurant et la cité universitaire de Tours.

La fabrication des autorails Billard

Comme le moteur à explosion et le moteur diesel voyaient s'accroître leur puissance, en même temps que leur régularité de fonctionnement, la Maison Billard, développant ses fabrications, s'intéressa à la construction d'autorails à voie étroite et à voie normale. Cette fabrication commença à sortir d'usine au cours des années 1932-33. En même temps, le marché étant déjà prospecté pour les draisines à l'étranger, les autorails suivirent la même voie commerciale. En sous-traitance, la maison Billard construisit également des Michelines en 1936-37.

Un autre département de la voie étroite prit naissance au cours des années 1930 : il s'agit des locotracteurs à voie de 0,60 m pour l'armée, l'industrie ou les carrières. Une importante série fut commandée, en 1939 aux Etablissements Billard, par le génie militaire français, dans le type bien connu du tracteur T 75 D. Cette série fut continuée sous l'occupation, l'organisation Todt ayant pris le relai des commandes du génie. Jusqu'en 1950, plus de 200 tracteurs T 75 sortirent des ateliers Billard.

A la fin de la guerre, les Etablissements Billard s'intéressèrent aux autorails à voie normale, à 2 essieux, et c'est chez eux que furent construits les premiers F.N.C. et la tête de série des autorails C.F.D. n° 900.

Après avoir fourni un certain nombre d'autorails et un nombre important de remorques à 2 essieux à la S.N.C.F. (séries 9201 à 9240 et 9533 à 9563), Billard livra, de 1958 à 1961, une très importante série de locotracteurs, toujours à la S.N.C.F. (série Y 7.101 à 7.230).

A partir de 1950, le déclin des réseaux secondaires français amena une baisse de fabrication d'autorails pour la France mais, en revanche, Billard construisit un certain nombre de ces engins pour les réseaux des différents pays d'Outre-Mer ou de l'Etranger. En sous-traitance avec la maison Soulé, il réalisa également une bonne série de voitures à bogies pour ces mêmes réseaux, voitures dont les plans avaient été étudiés et mis au point, vers 1955, par l'O.F.E.R.O.M.

La Maison Billard procéda aussi à la modernisation du chemin de fer grec à crémaillère de Diakofto à Kalavrita, dans le Péloponnèse, en montant un groupe électrogène sur un châssis à 2 essieux, situé entre deux automotrices électriques à voyageurs. Cette ligne ayant une faible charge par essieu, il ne pouvait être monté sur un même véhicule le Diesel et la transmission électrique.

La reprise des fabrications Billard

Devant le développement des fabrications, les ateliers de l'Etat s'avérèrent trop petits, d'une part, et, d'autre part, les plans d'urbanisation de Tours prévoyaient leur disparition pour faire place à un quartier d'habitation. Vers 1960, il fut donc envisagé de transférer les Etablissements Billard sur un autre emplacement, en l'occurrence l'ancienne fonderie du P.O., puis de la S.N.C.F. à Saint-Pierre-des-Corps. Ce déménagement prévu en 1964 n'eut pas lieu, des difficultés financières ayant amené la mise en règlement judiciaire de la firme, lors de l'achèvement d'une série d'autorails pour le chemin de fer franco-éthiopien. Les fabrications s'arrêtèrent le 30 septembre 1964.

Après cette date, les fabrications Billard ont été reprises :

- D'une part, par les Etablissements Soulé, à Bagnères-de-Bigorre, pour les véhicules à voie normale ;

- D'autre part, par la Société SOCOFER, à Tours, pour les matériels à voie étroite ou normale. SOCOFER continue ainsi à Tours, la construction ferroviaire qui débuta il y a plus d'un siècle avec les ateliers du P.O

source : Chemins de Fer Régionaux et Urbains 108 1971-VI

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