Locomotives compound ; type 320

Locomotives compound ; type 320

Les essais du prototype 251 n'ayant pas été couronnés de succès, les C.F.D. furent contraints d'étudier un nouveau type de machine destiné à la traction des trains à marche accélérée nécessaires en service particulier du réseau du Vivarais. Dans ce but, ils chargèrent la S.A.C.M. de procéder à la modification du type 300, qui donnait toute satisfaction sur les lignes de la Corse, pour lui donner la possibilité d'atteindre de grandes vitesses sans compromettre sa stabilité.

Locomotive Mallet n° 325 en tête d'un train de voyageurs en gare du Collet-de-Dèze sur la ligne de la Lozère
Locomotive Mallet n° 325 en tête d'un train de voyageurs en gare du Collet-de-Dèze sur la ligne de la Lozère

Les propositions de ce constructeur furent jugées intéressantes par l'Autorité Supérieure et le projet fut accepté par Décision Ministérielle du 12 mars 1907. Celui-ci prévoyait la construction d'un modèle du type Mallet à fonctionnement compound, référencé sous le n° 171 et comportant deux groupes de deux essieux moteurs avec bissel à l'avant. Ce nouveau type fut dénommé 320 par les C.F.D.

Locomotive Mallet n° 325 vue arrière
Locomotive Mallet n° 325 vue arrière

Description de la locomotive type 320

Prenant pour base le type 300, la S.A.C.M. avait, en vue d'améliorer ses performances, augmenté sa surface de grille en la portant à 1,19m ainsi que le timbre de la chaudière élevé à 13 kg. L'appareil moteur avait été conservé, mais un bissel lui avait été adjoint en vue d'améliorer sa tenue de voie. Le diamètre des roues motrices avait également été légèrement augmenté. Un peu plus longue que la 251, elle avait toutefois un poids moins élevé : 38, 5 t contre 40 t.

Par rapport à la série 300, ce nouveau modèle avait une chaudière, dont l'axe avait été placé à 3 m au-dessus du rail au lieu de 1,755 m et, de ce fait, la cheminée était beaucoup plus courte. Les soupapes de sûreté à charge directe avaient été reportées sur le foyer. Les caisses à eau plus volumineuses avaient une contenance de 3.4001. Ces modifications avaient complètement changé son aspect extérieur et lui donnaient une silhouette imposante.

Locomotive Mallet n° 325 vue en élévation
Locomotive Mallet n° 325 vue en élévation
Locomotive Mallet n° 324 en gare de Florac
Locomotive Mallet n° 324 en gare de Florac
Locomotive Mallet n° 325 au dépôt de Florac
Locomotive Mallet n° 325 au dépôt de Florac

L'abri à face arrière droite était comparable à celui des machines 63-64. La décoration extérieure était identique à celle de la 251, mais par la suite, comme pour la plupart des machines de la Compagnie, elle reçut une livrée noire uniforme.

Les inscriptions consistaient en la mise en place :

  • sur les caisses à eau de plaques rectangulaires portant le monogramme de la compagnie, le numéro de la machine, ainsi que celle du constructeur.
  • sur la porte avant ronde de la boite à fumée une plaque d'immatriculation.
  • sur les traverses avant et arrière peintes en rouge vermillon, les initiales C.F.D. et le numéro jaune placés de part et d'autre du tampon central.

Livraison et affectations de la locomotive type 320

Commandées en avril 1907, les trois premières unités, portant les n° 321 à 323, furent livrées en juillet et août 1908 à La Voulte-sur- Rhône. Elles furent essayées entre La Voulte- sur-Rhône, Le Cheylard et Saint-Agrève. Le 25 août 1908, la 321 remorqua 801 en rampe de 32 °/°° à la vitesse de 27 km/h, remplissant ainsi les clauses du cahier des charges. Ces trois machines furent mises en roulement à partir du 21 novembre 1908 pour la traction des trains 24-25. La 321 était attachée au dépôt de La Voulte-sur-Rhône, la 322 à celui de Dunières et la 323 assurait la réserve au Cheylard.

Plan des locomotives Mallet type 320, série 321-325
Plan des locomotives Mallet type 320, série 321-325

Une commande complémentaire de deux unités fut notifiée à la S.A.C.M. en 1908, le service accéléré ayant été étendu à l'ensemble du réseau. Immatriculées 324 et 325, elles rejoignirent le dépôt du Cheylard le 18 mars 1909. Finalement, la réorganisation de la desserte voyageurs du réseau du Vivarais ne nécessitant plus la présence complète de la série, les C.F.D. en profitèrent pour muter, outre la 251, les machines 324 et 325 au dépôt de Florac pour équiper la ligne de la Lozère, le 21 mai 1909. Elles y furent rejointes par la 323, le 2 septembre 1911.

Locomotive Mallet n° 325 vue 3/4 avant au dépôt de Florac
Locomotive Mallet n° 325 vue 3/4 avant au dépôt de Florac

Les deux unités restantes au Cheylard furent détachées sur le Réseau Meusien du 12 mars 1916 au 8 mai 1920 au bénéfice de la 10e Section de Chemins de Fer de Campagne pour les besoins des Armées. Ces deux mêmes machines furent également choisies par le Séquestre des lignes de la Provence pour renforcer le parc déficient du dépôt de Draguignan. Expédiées le 17 janvier 1944 de La Voulte-sur-Rhône, elles ne parvinrent jamais à destination. De retour au Cheylard le 12 juin 1945, il nous a été jusqu'ici impossible de savoir où ces machines furent effectivement réceptionnées. Quelques jours après, la 322 fut définitivement affectée au dépôt de Florac. Seule, la 324, expédiée depuis Sainte-Cécile-d'Andorge sur Draguignan le 19 janvier 1944 assura du service sur les C.P. jusqu'au 16 février 1945, date de son retour à Florac. En fait, excepté la 321, toute la série finit par rejoindre la ligne de la Lozère. Toutes ces machines furent réformées de 1949 à 1964.

Vue avant de la locomotive Mallet n° 324 au dépot de Florac
Vue avant de la locomotive Mallet n° 324 au dépot de Florac

source : MTVS 1989-1

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