Les ateliers, productions et services C.F.D

Les ateliers, productions et services C.F.D

crée par M. Zens

Les ateliers de Montmirail furent créés en 1947 par le directeur général de l'époque, M. Zens. L'implantation en ce lieu géographique procédait, d'une part de l'abandon du service ferroviaire de la ligne Ferté-sous-Jouarre à Montmirail, dont le dépôt principal était situé dans cette localité de la Marne et dont les installations servirent de point de départ aux ateliers actuels, d'autre part de la proximité personnelle de M. Zens, située à Marolles-en-Brie, ne fut pas étrangère au choix de cette implantation.

Les Ateliers de Montmirail des C.F.D.

La naissance des Ateliers de Montmirail

Dès 1947, pressentant la fermeture à plus ou moins brève échéance des réseaux ferrés de la Compagnie, et sous l'impulsion du Directeur Général de l'époque, M. Pierre Zens, les C.F.D. envisagèrent la commercialisation des locotracteurs au bénéfice de la clientèle extérieure à la Compagnie.

La Traction Diésel se développe sur le réseau du Vivarais, ici convoi marchandises remorqué par le tracteur X et train automoteur Billard... (Collection SENUT)
La Traction Diésel se développe sur le réseau du Vivarais, ici convoi marchandises remorqué par le tracteur X et train automoteur Billard... (Collection SENUT)

Recherchant un emplacement assez vaste pour l'implantation de ces atelier, M. Zens avait le choix entre Neuillé-Pont-Pierre, où avaient été conçus les premiers engins, Périgueux-les-Jalots, aux installations remises à neuf récemment et Montmirail au vaste terrain appartenant à la Compagnie, et le plus proche de la Direction de Paris. C'est vers ce lieu que s'orientèrent les C.F.D., avec, semble-t-il, sans la moindre hésitation, M. Zens possédant sa résidence toute proche à Marolles-en-Brie.

...ainsi qu'en Seine-et-Marne où le trafic betteravier impose de nombreuses circulations. Ici train de wagons vides tracté par le locotracteur 852... (Cliché M. RIFFAULT)
...ainsi qu'en Seine-et-Marne où le trafic betteravier impose de nombreuses circulations. Ici train de wagons vides tracté par le locotracteur 852... (Cliché M. RIFFAULT)

Ce furent donc là que le 20 février 1947 naquirent les Ateliers de Montmirail, installés à l'époque dans l'ancien dépôt-atelier de la ligne de La Ferté-sous-Jouarre à Montmirail. Quarante-trois engins virent le jour dans cette mini-usine de 1947 à 1965, ainsi qu'une dizaine d'autorails à voie normale pour les lignes affermées. Ce fut une prouesse : le peu de place ne permettait pas d'entreprendre plus de deux tracteurs simultanément et il fallut bientôt s'agrandir. Un bâtiment annexe fut construit, puis un nouvel hangar qu'il fallut encore augmenter de superficie pour atteindre finalement une telle expansion que le terrain est maintenant entièrement occupé par des constructions nouvelles.

...et croisement du tracteur 13 et de l'autorail Billard n° 801 à Vouix. (Cliché J. BAZIN)
...et croisement du tracteur 13 et de l'autorail Billard n° 801 à Vouix. (Cliché J. BAZIN)

Un atelier favorable pour la Compagnie

La conception du matériel a également évolué à pas de géant puisqu'après la transmission Asynchro (fruit des études de M. Zens) et sa roue libre, l'accouplement des roues par bielles, l'atelier produit maintenant des engins à transmission hydraulique et à ponts traversants, des transmissions de type « Power-Shift », permettant un remorquage en marchandise roulante à vitesse normale sans aucune préparation préalable.

Les productions C.F.D. des années 80

Commencées en 1975 par la création d'engins nouveaux et sophistiqués, les productions C.F.D. s'orientent désormais vers les modèles de tracteurs de 200 CV, 350 CV et 500 CV à ponts traversants et transmission hydraulique. Des unités BB allant jusqu'à 1 500 CV sont également proposées à la clientèle, et équipent déjà une majorité d'entreprises ferroviaires d'équipement comme T.S.O., Desquenne et Giral (possédant le fameux prototype CC 80001 ayant circulé longtemps sur les lignes de Cherbourg et de Granville de la S.N.C.F.), Drouard, Matix, Speno, etc. Des locomoteurs sont en service chez les embranchés (Shell, E.D.F., Carrière de Villenoy, etc.).

Un autorail pour le service de maintenance caténaires du T.G.V. a été livré à la S.N.C.F. et d'autres exemplaires doivent suivre. Des autorails d'auscultation des voies ont également été fournis.

Locotracteur prototype C.F.D. n° 4 en essais sur la ligne de l'Yonne. (Collection C.F.D.)
Locotracteur prototype C.F.D. n° 4 en essais sur la ligne de l'Yonne. (Collection C.F.D.)

Pour la voie métrique, citons les autorails équipant la Corse et la Provence. Pour le réseau Corse un autorail de nouvelle génération a subi des essais sur la ligne du Blanc à Argent et se trouve actuellement sur son réseau d'affectation pour les tests commerciaux. Du type X 5000, il a été entièrement réétudié et équipé de roues uniquement motrices, devrait y donner les meilleurs résultats et pratiquer aisément le remorquage.

Un nouveau système, monté sur les locomotives de 1 500 CV destinées aux entreprises de pose de voies, permet une vitesse lente de travail au moyen d'un moteur auxiliaire et d'une boîte spéciale. Avec le même engin, la vitesse normale est obtenue au moyen des moteurs de traction du type courant. Ce système économise ainsi un engin de traction lente d'un type spécial.

De plus, lors du dépôt de bilan de la firme Moyse, les C.F.D. ont acquis le lot entier de pièces disponibles et assurent, après entente avec la Société Française de Locotracteurs (S.F.L.), le service après-vente des locotracteurs Moyse, en exclusivité. Le dépôt de pièces détachées de Bobigny dispose d'environ 18 000 articles différents.

Automotrice Billard A135D1, type Porcinet n° 502, en gare d'Ecueillé, sur le réseau sud d'Indre-et-Loire... (Collection B. ROZE)
Automotrice Billard A135D1, type Porcinet n° 502, en gare d'Ecueillé, sur le réseau sud d'Indre-et-Loire... (Collection B. ROZE)

Les services routiers et les entrepôts des C.F.D.

A la fermeture de ses lignes, la Compagnie C.F.D. mit en place un certain nombre de services routiers de remplacement. Parmi ceux-ci, il faut citer les relations de La Ferté-sous- Jouarre à Montmirail, de Bourbon- Lancy à Toulon-sur-Arroux, les réseaux d'Indre-et-Loire, de Lozère et du Vivarais. La Compagnie exploita elle-même certains itinéraires (tel le Réseau de la Dordogne) et sur d'autres, chargea une société spécialisée locale d'exploiter pour son compte (tel le Réseau de la Lozère).

...et type A 150 D n° 214 en gare du Cheylard, sur le réseau du Vivarais. (Collection SENUT)
...et type A 150 D n° 214 en gare du Cheylard, sur le réseau du Vivarais. (Collection SENUT)

Parmi l'éventail de ses services marchandises, citons le réseau d'Indre-et- Loire, où sa filiale Riverain assure également des prestations de manutention, levage, etc.

Depuis quelques temps une activité nouvelle s'était ajoutée à celle du transport : le stockage. La Compagnie devint propriétaire de vastes entrepôts à Lille-Lesquin, Rouen-Le Vaudreuil, Blois et Tours. Ces entrepôts sont loués à des sociétés pour le stockage de leurs marchandise". Cette activité rémunératrice, les exploitations ferroviaires de la ligne de l'Avalonnais et routières de la Dordogne, de même que la construction de locotracteurs à Montmirail, le service après-vente de Bobigny et l'activité du Bureau d'études de l'avenue de Friedland font de la Compagnie C.F.D. une société dynamique qui a su s'adapter aux conditions économiques actuelles.

source : MTVS 1981-3

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